Principes humanistes

Dyhia : Tout d’abord, nous croyons que les êtres humains sont fondamentalement égaux en dignité et en droit. Cela ne signifie pas que tout le monde doit avoir la même chose, nous ne sommes pas communistes, nous reprenons d’ailleurs presque à l’identique le premier article de la Déclaration universelle des Droits de l’humain.

Mais cela implique au moins, et c’est le second principe humaniste, que tout doit être fait pour que chaque personne soit protégée de la violence commise par autrui. Il peut s’agir de violence physique, psychologique, économique ou d’une atteinte à la liberté.

Car nous considérons que la liberté est un droit fondamental. Or, comme tout le monde le sait, notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. Comment en fixer les limites ? Ce sont des ajustements délicats, cependant ils doivent être fondés sur notre troisième principe : les personnes et les groupes doivent avoir le pouvoir d’agir sur leur propre réalité, en tenant compte du droit égal accordé aux autres personnes et groupes. Cela sous-entend que diminuer le pouvoir d’agir d’une personne constitue une violence, dans la mesure du droit à l’égalité. On peut en effet empêcher une personne de construire la maison de ses rêves, si cela a pour conséquence de priver des dizaines de personnes de toit. Mais, en tenant compte des aspirations des autres, chaque humain doit pouvoir être l’acteur de sa propre vie, toujours dans la mesure où cela ne nuit pas aux autres. Rien de très original, ni très radical encore une fois : c’est la base des principes libéraux.

Concrètement, comme c’est souvent l’occasion qui fait le larron, ce sont des situations de domination qui génèrent la violence. Ainsi, pour protéger les individus de la violence, il faut limiter au maximum le pouvoir de dominer autrui, qu’il s’agisse de la domination par une personne ou par un groupe de personne. C’est là notre quatrième principe fondamental et c’est un principe d’action.

Les personnes qui nous accusent de ne pas innover ont raison. Nous répétons de façon simple des idées qui ont fait le succès de l’humanité.

Le journaliste : Justement, tout le monde s’accorde déjà sur ces principes. Cela n’empêche pas les conflits.

Dyhia : Peut-être parce que nous sommes tellement spécialisés dans notre domaine que nous perdons une vue d’ensemble. Peut-être que les partis politiques sont si enfoncés dans leurs intérêts à court terme, dans leurs coutumes claniques, leurs dogmes, qu’ils en oublient leur raison d’être. C’est à cela que nous servons : rappeler la base et faire des propositions dans ce sens.

Le journaliste : N’attendez pas, je vous prie, avant de nous les exposer !

Dyhia : D’après nous, l’affirmation de ces principes passe par deux étapes, qui peuvent se chevaucher.

Tout d’abord, il faut reconstituer un espace politique pacifié, rétablir la confiance sociale au sein des collectivités, le pouvoir des collectivités sur leurs propres destins, autrement dit renforcer l’État de droit démocratique ; établir la paix et la confiance entre États. Puisque le manque de confiance empêche l’expression pacifique des conflits, donc la résolution des problèmes.

Une fois la confiance rétablie, construire un modèle de société plus solidaire et plus respectueux de l’environnement, qui, sans abolir la propriété privée, se fonde moins sur la consommation effrénée que sur l’utilisation collective des biens.

Bien sûr, il faut agir à tous les degrés, de l’immeuble aux institutions internationales selon ces principes. Un, rétablir la confiance, deux, plus de responsabilité, des biens communs gérés de façon citoyenne, davantage de respect de l’environnement. Nous devons saisir toutes les opportunités d’agir, même si nous ne pourrons vraiment avancer de façon fulgurante que le jour où cela se sera débloqué au niveau international, du moment que les collectivités se seront mises d’accord pour lutter contre la concurrence fiscale, qui empêche d’agir à tous les niveaux.

Le journaliste : C’est étrange de faire autant de propositions politiques sans souhaiter être élu…

Dyhia : Le jeu politique est nécessaire, mais la lutte pour le pouvoir mène presque inévitablement à des comportements claniques. Ces dynamiques font que l’intérêt personnel et partisan passe souvent avant l’intérêt général et que la raison d’État se fait au détriment des droits humains.

Ce n’est pas un reproche que j’adresse aux élus, je ne pense pas que je parviendrais à faire mieux à leur place. Les politiciens font ce qu’ils peuvent avec les cartes qu’ils ont en main. Parmi celles-ci, il y a les limites et les contraintes du pouvoir, le besoin d’être réélu, les alliances à nouer pour conserver son poste, etc. Il y a également les discours et actions considérés comme légitimes par la majorité de la population. Aucune personnalité politique ne peut en faire abstraction, qu’elle partage ou non ces discours. Et c’est sur cela que nous aimerions agir.

Aujourd’hui, un politicien, de gauche comme de droite, doit composer avec la carte écologiste et c’est très bien. Mais il doit hélas ! aussi jouer avec les cartes identitariste et néolibérale. Nous aimerions que ces dernières soient remplacées par la carte humaniste et c’est le rôle que nous tentons de jouer. Convaincre les sociétés que les valeurs humanistes valent mieux que les valeurs sarguistes, afin que les politiciens de tout bord soient contraints de jouer la carte humaniste. Et qu’un changement de majorité n’impacte pas cet aspect. Que les principes humanistes fassent autant l’unanimité que le vote des femmes. Nous nous voyons comme un complément au monde politique.

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